

The scene and network for the artists and friends of contemporary visual arts.
Planète Artistes, hier et aujourd’hui
Combien sont-ils ? Artprice avança il y a dix ans le chiffre d’un million minimum, rien que pour l’Europe et les Etats-Unis. En fait, un ordre de grandeur plutôt qu’un chiffre précis, car difficile d’évaluer le nombre d’artistes en activité, dans les pays dits développés. Rien qu’en France, aujourd’hui, d’aucuns les estiment entre 100'000 et 150'000.1 Ce qui est sûr en revanche, c’est la nécessité pour beaucoup d’entre eux, où qu’ils soient, de trouver des partenaires en capacité de leur apporter une visibilité plus grande. Si certains artistes y parviennent en fréquentant le marché (étroit, même mondialisé) de l’art contemporain, c’est le plus souvent ailleurs que le public les rencontre
Rencontrer le public
Qu’il soit diplômé d’une école d’art ou autodidacte, rencontrer le public devient vite une nécessité pour un artiste, une fois fait et refait le tour des proches et amis. C’était déjà vrai hier, c’est plus que jamais vrai aujourd’hui.2
Un regard étranger à la sphère privée pour voir son travail différemment soi-même, du moins un temps, s’impose en effet, quand on se sent prêt à le recevoir, c’est-à-dire à l’entendre – parfois à le lire.
Rencontrer le public, mais aussi ses pairs, soit un autre public – à côté de celui des experts et galeristes – indispensable lui aussi, même si la cohabitation et l’échange ne sont pas toujours faciles entre artistes. Tout artiste qui s’est transformé un jour en rassembleur d’artistes pour organiser ce qu’il est convenu d’appeler une exposition de groupe ou un salon en a fait forcément l’expérience.
Pourtant, c’est bien à travers une telle manifestation collective, organisée ou non par des artistes, mais sans les galeries, que commence, et souvent se poursuit, la rencontre avec le public : des artistes exposant ensemble dans un même lieu et durant un temps précis. Avec la possibilité pour les visiteurs d’y acheter des œuvres sans passer par des intermédiaires.
Une tradition renouvelée
Si la foire d’art réservée aux galeries est née durant la deuxième moitié du 20e siècle en Allemagne (Art Cologne), puis en Suisse (Art Basel), le salon d’artistes est, lui, plutôt lié à l’histoire française de l’art, pour ne pas dire à l’histoire de l’art français.3
A travers lui, on découvre le rapport de l’artiste au commerce de l’art, d’abord comme artisan, puis comme artiste tout court4. On se rend compte du rôle central tenu par l’artiste pour faire reconnaître ses œuvres, et donc les vendre, avant que le marché de l’art ne devienne le territoire des seuls marchands, à la fin du 19e siècle, avec l’arrivée des artistes à l’origine de l’art moderne.5
Deux expositions récentes témoignent d’ailleurs de la place de l’artiste (comme de la concurrence des artistes entre eux) sur le marché de l’art de l’époque : Turner et ses peintres (2e lien) et L’art et ses marchés.6
D’une manière bien paradoxale, nous retrouvons aujourd’hui, à travers les salons d’artistes, relayés par d’innombrables sites (Internet) d’artistes, une occupation par les artistes de leur territoire passé, quand ils n’avaient pas d’autres choix que le salon pour montrer et vendre leurs œuvres.7
C’est pourquoi, de la même façon que la presse insiste, du fait de la mondialisation, sur l’essor du marché des galeries et du marché des foires d’art, nous entendons ici souligner l’essor nouveau du marché des artistes – un marché trouvant un public de plus en plus nombreux.8
C’est en même temps un marché, à l’heure d’Internet, qui révèle un art non officiel, proche en cela d’autres éclairages, tel celui de la revue d’art française Artension. 9
Le marché des artistes
Le marché des artistes se caractérise par les échanges commerciaux et non commerciaux que les artistes organisent ou contribuent à organiser avec le public et entre eux, en occupant des lieux réels et virtuels, soit directement, soit à travers des organisations, certaines contrôlées par eux, d’autres pas, mais le plus souvent financées par eux ou à travers eux.
Avec le salon d’artistes, l’atelier est le lieu caractéristique du marché des artistes. Refuge privé pour travailler, il s’ouvre au public le temps d’une exposition (les « Ateliers portes ouvertes » sont par exemple des rendez-vous entre artistes et public de plus en plus répandus en Europe) ou toute l’année quand l’artiste y aménage une galerie privée, comme autrefois (Turner exposait à la Royal Academy et à la British Institution, tout en vendant dans sa propre galerie).10
Par ricochets, les artistes sont aussi à l’origine d’une communication particulière, notamment sur la Toile, qui donne à leurs activités (création et exposition) une plus grande visibilité, mais aussi une résonnance nouvelle chez les internautes amateurs d’art et médiateurs issus de la « génération Internet », fonctionnant en réseaux et selon une grille de lecture peu hiérarchisée des œuvres.11
D’ailleurs, étrangement, cette montée en puissance des artistes sur la Toile n’a pas échappé au puissant marchand et collectionneur d’art contemporain Charles Saatchi, confirmant pour lui-même l’intérêt d’un site Internet mettant en contact sans intermédiaire artistes et collectionneurs : « Le monde de l’art est constitué de 1000 artistes qui reçoivent toute l’attention, explique-t-il. Or il y en a des milliers qui n’ont jamais la chance de montrer leur travail. Ce site est pour eux. (…) Je vois sur l’écran probablement autant d’artistes intéressants que dans les galeries. Et, dans cinq ou six ans, les plus grandes stars du monde de l’art viendront de là. »12
Constat identique chez Danièle Granet et Catherine Lamour, dans leur livre Grands et petits secrets du monde de l’Art : « Les initiatives se multiplient partout. Internet y occupe une place prépondérante, avec des sites qui se spécialisent dans la photo, les œuvres d’artistes confirmés, ou au contraire, à découvrir. Il n’y a pas de limite à l’inventivité pour se saisir d’un morceau de ce marché exponentiel. »13
Enfin, le marché des artistes se caractérise par un financement passant partiellement ou totalement par les artistes. Ce qui, selon les cas et lieux, transforme l’artiste en galeriste, organisateur, éditeur, promoteur, fournisseur et finalement comptable de sa propre activité.14 Mais en France – encore et toujours – autour et avec un acteur central : le salon d’artistes, dans la version revue et corrigée d’après 1881, à savoir celle incarnée par les salons historiques, éloignés de la puissance étatique.15
Salons d’artistes en France : mode d’emploi
Plus de 200 salons d’artistes sont organisés en France, dont une vingtaine consacrée à la sculpture.16 C’est dire leur importance et leur rôle sur le marché des artistes – une scène plurielle jugée d’ailleurs indispensable par bien des experts.17
Les grands salons, en plus des subventions que certains reçoivent, sont financés par leurs exposants et donc par les artistes eux-mêmes. Comme le sont les foires d’art par leurs clientes, les galeries.
C’est le cas notamment des Salon des Indépendants, Salon d’Automne, Salon Réalités Nouvelles, Salon Jeune Création, MACParis, Salon de Mai, Puls’art, Figuration Critique…18
Les frais d’inscription varient d’un salon à l’autre. Certains ajoutent des frais de dossier au droit d’accrochage. Il y a également les frais facultatifs ou obligatoires pour faire reproduire une œuvre dans le catalogue.
Concernant la présentation des œuvres, se développe aussi la vente de module (stand d’exposition), en plus du traditionnel droit lié à l’exposition d’une ou plusieurs œuvres. Les artistes faisant bien sûr leur affaire personnelle des frais liés au transport de leurs œuvres, à l’emballage éventuel, etc.
Par exemple, le Salon des Indépendants – dont il faut saluer la transparence sur son site Internet, à l’image de son historique et célèbre « Ni jury, ni récompense » – distingue les exposants sociétaires des autres. Les frais d’inscription pour les non sociétaires sont de € 250.– pour une œuvre, € 400.– pour deux et € 550.– pour trois. La page de publicité dans le catalogue est de € 375.–, la demi-page de € 240.– et le quart € 125.–. Il propose aussi des stands : module de 9 m2 à € 1530.– et le double module à € 3060.–. Il prélève également une commission sous forme de don égale à 20% du prix de vente pour les peintures et 10% pour les sculptures.
Le Salon d’Automne affiche, lui, des frais d’inscription de € 290.– pour une œuvre, en plus du droit d’inscription de € 35.– et d’une commission de 15% sous forme de don également.
MACParis, à côté des frais de dossier fixés à € 150.– propose le stand de 18 m2 à € 1100.– (reproduction dans le catalogue et sur le site comprise).
D’autres salons, mais ceux-là non dirigés par des artistes, sont également financés par leurs exposants. C’est le cas du Grand Marché de l’Art Contemporain qui a lieu sur plusieurs sites en France, et notamment à la Bastille. Le terme « Marché » est à prendre ici dans le sens courant puisqu’il s’agit en effet d’une exposition en plein air dans des baraquements ou sous tente, comme des marchés traditionnels. Chez lui, un stand de 9 m2 est proposé aux artistes à € 1045.– en plus des frais de dossier à € 150.– (conditions 2008).
Ces quelques exemples confirment autant le besoin des artistes de rencontrer le public que le succès rencontré par les salons qui y répondent, chacun selon son positionnement propre. Ils confirment en même temps des ressources financières forcément existantes chez les artistes, si modestes soient-elles. Ainsi, si le budget annuel consacré par ceux-ci aux expositions dans les salons varie bien entendu d’un artiste à l’autre et d’un salon à l’autre, il ne paraît pas exagéré de l’estimer entre € 200.– et 1500.–.
Une tradition et une pratique surtout françaises
Et ailleurs qu’en France ?
En Suisse, et plus généralement en Europe comme aux Etats-Unis, il existe, certes, des manifestations rassemblant des artistes, mais, le plus souvent, elles se limitent à des cas ponctuels quand elles sont financées par les artistes eux-mêmes, à des associations d’artistes ou à des rassemblements type biennale qui ressemblent alors plus à des expositions à caractère institutionnel avec des financements en rapport, privés et/ou publics.19
En Suisse, par exemple, si le groupe genevois de la Société Suisse des Beaux-Arts organise sept à huit expositions pour ses artistes dans un lieu qui lui a été attribué, la Villa du Jardin Alpin à Meyrin, Visarte, autre association d’artistes active sur l’ensemble du territoire helvétique, n’en dispose pas.20
Autrement dit, les artistes hors de France, sont plus livrés à eux-mêmes et leur rapport avec le public moins encadré ou inspiré par le passé.
En tout cas, cette idée de grande exposition nationale récurrente, conçue comme une sorte de prolongement de l’atelier, chargé d’histoire et liant encore les artistes d’hier à ceux d’aujourd’hui, est de l’histoire ancienne chez les artistes étrangers, bien que ceux-ci soient confrontés au même déficit de visibilité que les Français.21 Ce qui ne les empêche pas de se présenter parfois, nostalgiques, à l’un des salons historiques… où ils sont les bienvenus.
Un monde passionné d’art et de rencontres
Le WHO’S WHO Art club international est au cœur de la « Planète Artistes » décrite ici dans ses grandes lignes. Nous aurions pu ajouter que c’est aussi (et depuis des siècles) un monde passionné d’art et de rencontres. Ce monde que, précisément, nous rassemblons sur cette plate-forme d’un temps nouveau, mais héritier aussi du passé et des luttes historiques des artistes.22
Sous l’impulsion d’une expérience s’étendant sur plus d’une trentaine d’années (cf. notre Charte et l’éditorial 2009), le WHO’S WHO Art club international développe en effet une activité double pour accroitre la visibilité des artistes actifs et indépendants qui le rejoignent : d’une part, l’exposition en se plaçant sur des lieux attractifs et producteurs de trafic ; d’autre part, l’édition, en éclairant à travers des publications papier et numériques œuvres et trajectoires des artistes.
Durant les douze derniers mois, nous avons ainsi organisé avec succès, après Genève, Nice, Bruxelles… notre salon nomade, le SAM 09 (Salon des Artistes Membres et Amis du WHO’S WHO Art club international) au Château d’Auvers-sur-Oise, institution dédiée à la fin du 19e siècle et aux artistes qui ont marqué l’histoire d’Auvers-sur-Oise, comme Vincent Van Gogh (il y repose avec son frère Théo) ; nous avons collaboré avec la Galerie Mouvances, 2 place des Vosges à Paris, où huit expositions s’y déroulèrent à la satisfaction générale, y compris de la galeriste, Mme Sylvie Autef ; nous avons publié une suite à notre collection de cartes d’art « Les Artistes et Maîtres, au fil du temps », en relation avec le Château d’Auvers (peint par Van Gogh) ; nous avons enrichi la présente plate-forme en même temps que l’édition en ligne du WHO’S WHO IN INTERNATIONAL ART, réservée aux membres.
Bientôt, nous participerons aux Journées européennes du patrimoine 2010. Tandis que des projets encore à l’étude seront annoncés durant l’été et l’automne.
Bienvenue au WHO’S WHO Art club international !
La rédaction
1) Catalogue édité par Artprice.com et diffusé à la Biennale de Lyon, juillet 2000. Concernant les artistes français, lire l’article de Hervé Bourdin, artiste, élu Vert et président de MACParis, dans Artension, mars-avril 2010.
2) Rien qu’à Paris, en 1863, d’après le Dictionnaire général, on comptait 4450 artistes en activité. La Carrière des peintres au XIXe siècle, Harrison et Cynthia White, Flammarion, 1991, p. 66.
Autre signe d’abondance et d’intérêt pour l’exposition au 19e siècle : le nombre des œuvres présentées au Salon officiel « (qui) croissait sans cesse. 542 en 1800, 1294 en 1812, 2219 en 1835. On culmina à 5180 en 1848, année sans jury, puis on redescendit à 4087 en 1861. » La Vie d’artiste au XIXe siècle, Anne Martin-Fugier, Audibert, 2007, p. 143.
3) « Institution française par excellence, qui a bénéficié à ses débuts de la concentration des pouvoirs sous la monarchie absolue, le Salon a été imité en province comme à l’étranger. C’est lui qui a inspiré les salons modernes, aussi bien que le Salon des indépendants que le Salon d’Automne et tous ceux qui ont suivi. Le Salon a permis aux amateurs éclairés comme aux curieux peu cultivés de découvrir l’essentiel de la création artistique en France en devenant un rendez-vous incontournable à partir de la deuxième moitié du XVIIIe siècle. » Histoire du Salon de la peinture, Gérard-Georges Lemaire, Klincksieck, 2004, p. 11.
Dans le rapport « Les Salons » (décembre 1989-octobre 1992) de Gérald Gassiot-Talabot, réalisé à la demande du Ministère de l’Education Nationale et de la Culture et de son ministre M. Jack Lang, sont regroupés précisément (en les détaillant et en expliquant le rôle de chacun) « Salons d’artistes » et « Salons commerciaux » (foires d’art).
4) « Dans Les Ménines, Velasquez se représente en s’identifiant à l’égal du roi d’Espagne, ce qui met l’artiste au premier plan. C’est un changement radical de statut car il n’est plus le valet de chambre, mais un personnage dont l’essence est comparable à celle du roi. L’artiste n’est plus un simple artisan rémunéré à la tâche, c’est-à-dire proportionnellement à l’importance du travail qu’il rend. Il vaut pour son génie, lequel implique des rémunérations d’un tout autre ordre. » Artistes et marchés, Xavier Greffe, La Documentation française, 2007, p. 39.
5) « Sous le second Empire on voit le commerce de l’art prendre une forme plus moderne, plus proche de celle que nous connaissons maintenant. Certes, il y a toujours le vieux Salon officiel qu’on essaie de réformer ; mais de l’autre, un véritable marché s’institue avec le développement des ventes publiques et avec la multiplication des expositions dans les galeries et les associations artistiques. Sous la IIIe République, le système du Salon officiel explosera et la carrière des artistes se jouera ailleurs, de plus en plus sur le marché. » La Vie d’artiste au XIXe siècle, Anne Martin-Fugier, op. cit., p. 194.
6) Turner et ses peintres : Tate Britain, Londres, 23 septembre 2009 – 31 janvier 2010. Galeries Nationales, Grand Palais, 22 février – 24 mai 2010. Museo Nacional del Prado, Madrid, 21 juin – 19 septembre 2010.
L’art et ses marchés : Musée d’art et d’histoire, Genève, 1er octobre 2009 – 29 août 2010.
7) « Pendant des décennies, le Salon officiel annuel a été le seul lieu dont ils (les artistes) disposaient pour exposer leurs œuvres et les vendre ». La Vie d’artiste au XIXe siècle, Anne Martin-Fugier, op. cit., p. 12.
8) « Il n’y a pas un marché unique de l’art contemporain, il y en a plusieurs. Regardez la foire (réservée au artistes) qui a lieu à la Bastille deux fois par an. Ce type de manifestation a commencé il y a dix à quinze ans et s’est déployé de manière incroyable. Cela veut dire qu’il y a un public qui attendait ce genre de marché. (…) Il y a un phénomène évident de démocratisation de la demande d’art, et il s’accélère. » Déclaration du créateur de l’Agence Art Process, Eric Mézan, extraite de Grands et petits secrets du monde de l’art, Danièle Granet et Catherine Lamour, Fayard, 2010, p. 225.
Même observation sur le marché des foires d’art. Lorenzo Rudolf, ex-directeur d’Art Basel et aujourd’hui patron de la foire Artparis : « L’art contemporain est le miroir qui reflète les changements de notre société (…). C’est comme le marché de la mode, il y a la haute couture qui fait de la création originale pour les happy few ; ensuite le prêt-à-porter pour ceux qui ne peuvent s’offrir le grand luxe ; et enfin H&M pour les moins argentés. Dans l’art contemporain, on retrouve exactement les mêmes segments de marché. » Grands et petits secrets du monde de l’art, Danièle Granet et Catherine Lamour, op. cit., p. 26.
9) Cf. aussi les nombreuses publications consacrées au débat sur l’art contemporain en France, initié par la revue Esprit en 1991. Notamment le recueil de textes intitulé (Tout) l’art contemporain est-il nul ? Patrick Barrer, Editions Favre, 2000. Et, du même auteur, chez le même éditeur, Le double jeu du marché de l’art contemporain, 2004.
Les connaisseurs de ce débat apprécieront sans doute de savoir que, presque vingt ans après, le cycle de conférences lancé récemment à la Maison rouge, sous le titre éclairant de « Controverses », reprend (recycle ?) nombre de questions posées alors. Première conférence : « Tout l’art d’aujourd’hui est-il contemporain ? » Seconde : « Une notoriété se fabrique-t-elle ? » - celle des artistes. Un DVD rassemblant les conférences passées et à venir serait prévu.
10) « (Le marché de l’art) comprend (à partir du XIVe siècle) d’une part la vente directe dans l’atelier de l’artiste, d’autre part la vente indirecte, à l’occasion des foires et à travers la médiation d’un marchand généraliste ou d’un artiste-marchand. » Catalogue de l’exposition L’art et et ses marchés », Frédéric Elsig, p.11.
11) Bien des acteurs de la « génération Internet » se retrouveraient dans cette réplique acerbe de April March : « Je n’aime pas les catégorisations et ceux qui disent ceci est de l’art et ceci n’en est pas, ou c’est une série B. Bien sûr, il y a des choses plus élaborées que d’autres, mais les cases m’ennuient. » Geek, septembre/octobre 2009, p 17.
12) L’Express, 25 octobre 2007. Trente mille artistes étaient alors inscrits sur son site. Ils sont aujourd’hui 120 000.
Par ailleurs, une récente enquête en France, montre que 51% des sondés tiennent Internet pour une source d’information inépuisable en matière d’histoire de l’art, de biographies d’artistes. Journal des arts, 19 mars au 1er avril 2010, p. 7.
13) Grands et petits secrets du monde de l’art, Danièle Granet et Catherine Lamour, op. cit. p. 259.
14) Parmi les artistes s’occupant eux-mêmes de l’exposition de leurs œuvres, il y a un illustre précurseur : « La première grande exposition particulière organisée par un artiste à la fois hors du Salon et hors de son atelier, dans un espace public, fut celle de Courbet, en 1855. » La Vie d’artiste au XIXe siècle, Anne Martin-Fugier, op. cit., p. 185.
15) « Ce ne fut qu’en 1881, après maintes tentatives de réformes, que fut décidée la fin de la tutelle de l’Etat sur le jury du Salon, désormais constitué exclusivement de professionnels, membres de la toute nouvelle Société des artistes français. En 1884 fut créée le Salon des indépendants (d’une centaine d’exposants à l’origine, il passera à environ 1400 en 1910) ; en 1890, la Société nationale des beaux-arts, dotée de son propre salon ; et dès 1903, la Société du Salon d’Automne, destinées aux « indépendants arrivés ». Dans les années 1880, une dizaine de sociétés organisaient des expositions : l’éclatement des lieux de présentation des œuvres marquait la fin du système et l’institutionnalisation d’une nouvelle organisation de l’art, beaucoup plus plurielle et privée, encore en place aujourd’hui. » L’élite artiste, Nathalie Heinich, Gallimard, 2005, pp. 64-65.
16) Dans le rapport « Les Salons » déjà cité, les principaux salons d’artistes sont divisés ainsi : les Salons historiques ; les Classiques ; Jeunes tendances et nouveaux salons ; les Salons spécialisés.
17) Le philosophe et critique français Yves Michaux : « Ce qui m’intéresse dans les salons, c’est qu’ils apportent une ouverture sur ce qui n’apparaît ni dans les foires, ni dans les musées, et qui, pourtant, existe comme œuvre de qualité selon des critères différents de la communauté artistique. Ce sont, certes, des critères différents de ceux du marché ou des officiels, mais ils représentent un avis intéressant, et il est bon que des espaces d’exposition publique différents existent. » Le Monde, 4 avril 1991.
18) Sur www.solutions-creatives.com une liste des salons est téléchargeable gratuitement.
19) Concernant les Etats-Unis, se reporter à l’excellent ouvrage de Frédéric Martel, De la culture en Amérique, Gallimard, 2006.
20) Visarte comprend 18 groupes régionaux et comprend plus de 2600 artistes (membres actifs). Tandis que la Société Suisse des Beaux-Arts (SSBA) compte 32 sections regroupant quelques 42'000 membres, amateurs de beaux-arts et soutenant les institutions, les musées et les artistes. A Genève, elle compte 120 membres plasticiens et une centaine de membres de soutien.
21) Certains profitent cependant du succès des foires d’art plus modestes que les foires historiques (Art Basel, Fiac, etc.), mais plus nombreuses aussi : « Si les foires n’avaient pas de clients, elles n’existeraient pas, poursuit Eric Mézan. C’est parce qu’il y a un public intéressé de plus en plus nombreux qu’elles poussent comme des champignons dans le monde entier. » Grands et petits secrets du monde de l’art, Danièle Granet et Catherine Lamour, op. cit. p. 255
22) Dans ce passé, souvenons-nous aussi que la figure de l’artiste n’excluait pas celle de « l’entrepreneur », comme nous dirions aujourd’hui : « La compétition était intense sur le marché de l’art, où se rencontraient non seulement les marchands de profession mais aussi les peintres eux-mêmes qui, presque tous au XVIIe siècle, achetaient et vendaient périodiquement des œuvres d’autres artistes. » Des peintres comme Brueghel, Rubens, Teniers, au siècle suivant, faisaient de même. Le Commerce de l’art, de la Renaissance à nos jours, sous la direction de Laurence Bertrand Dorléac, Editions de la Manufacture, 1992 p. 68 et p. 135.




